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Jean Sibelius

Jean Sibelius

Le Concerto pour violon et orchestre en ré mineur op.47 est une œuvre concertante pour violon et orchestre composée par Jean Sibelius.

ContexteModifier

Ce concerto, le seul que Sibelius écrira, prend source dans l'envie du compositeur de dédier une pièce à son ami et violoniste Willy Burmester. Malheureusement, pour des raisons financières, ce violoniste ne créera pas le concerto. Il est créé le 8 février 1904 à Helsinki par le professeur Victor Nováček, enseignant le violon à l'Institut de Musique d'Helsinki (future Académie Sibelius), sous la direction du compositeur lui-même. Cependant, la pièce a été achevée très peu de temps avant la création, Nováček a eu très peu de temps pour travailler la partition extrêmement virtuose. Sibelius a eu le culot de choisir ce professeur qui n'était pas un soliste reconnu, la création ne fut pas à la hauteur de la difficulté de la pièce, mais Nováček participera en 1910 à la création du quatuor à cordes Voces intimae du même compositeur.

La version de 1904 sera grandement remodelée par Sibelius. Il a supprimé des passages qui, selon lui, ne fonctionnait pas, et a apporté des modifications substantielles. Cette version révisée est créée sans la présence de Sibalius, le 19 octobre 1905 par la Staatskapelle de Berlin sous la direction de Richard Strauss. Willy Burmester est de nouveau indisponible pour créer cette nouvelle version, face à la violence dans la réaction du violon supersoliste de la Staatskapelle, Burmester s'indigne et Sibelius lui retire la dédicace. Le concerto sera créé par ce même violon supersoliste Carl Halir (Karel Halíř). La dédicace sera réattribuée à Ferenc von Vecsey, un prodige hongrois âgé de seulement 13 ans à l'époque.

C'est le seul concerto que Sibelius ait écrit. D'autres pièces concertantes comme les 6 Humoresques pour violon et orchestre ont connu un succès beaucoup plus mitigé.

InstrumentationModifier

Soliste
  • violon solo
Bois
  • 2 flûtes
  • 2 hautbois
  • 2 clarinettes en si♭
  • 2 bassons
Cuivres
  • 4 cors en fa
  • 2 trompettes en fa
  • 3 trombones
Percussions
  • timbales
Cordes
  • 1ers et 2nds violons
  • altos
  • violoncelles
  • contrebasses

StructureModifier

Comme la plupart des concertos, cet unique concerto de Jean Sibelius respecte le modèle « vif - lent - vif ».

Son exécution dure environ 35 min dans la version révisée. L'original était légèrement plus long que la version révisée, en incluant les thèmes qui n'ont pas survécu à la révision. Certaines extraits comme le début, la majorité du 3ème mouvement, et une partie du 2nd, n'ont pas du tout changé. La cadence de violon du premier mouvement est exactement identique, mais Sibelius y a ajouté un trémolo de basse pour renforcer l'effet dramatique.

Une grande partie de l'écriture de la partie concertante de violon est purement virtuose, bien que certains courts passages donnent une partie mélodique à la pièce. Ce concerto peut être qualifié de "symphonique" car le violon solo est sur un pied d'égalité totale avec tous les pupitres de l'orchestre.

I. Allegro moderatoModifier

  • Indications métronomiques : Allegro moderato
  • Indications métriques : 2/2
  • Tomalité : ré mineur

Le premier mouvement s'ouvre sur un tapis créé par le pianissimo des cordes palpitant fébrilement. 4 mesures plus tard, le soliste entre avec une phrase caractéristique chiffrable IV-V-I en ré mineur (sol-la-ré). Le violon annonce ensuite le thème et fait écho brièvement de la clarinette, puis continue dans le développement car ce mouvement suit le principe de la forme sonate. Le violon entame une première cadence (intégrée au développement) marquée par des arpèges puis des doubles cordes par le soliste, accompagné par le thème réorchestré aux bois. Les cordes poursuivent alors en annonçant un deuxième thème. Après une seconde cadence virtuose écrite par le compositeur, le thème initial est réexposé. La coda Allegro Molto Vivace se termine avec une reprise et une argumentation des thèmes passés.

II. Adagio di moltoModifier

  • Indications métronomiques : Adagio di molto
  • Indications métriques : 4/4
  • Tomalité : Si♭ Majeur

Le deuxième mouvement est très lyrique. Une courte introduction des bois mène au solo de violon accompagné principalement par le quatuor de cors. Les dissonances dans l'accompagnement des cuivres dominent la première partie du mouvement. La partie centrale est basé sur les sauts d'octaves brisées ascendantes du soliste auxquels répond la flûte. Enfin, le mouvement se termine sur une réexposition du thème initial.

III. Allegro ma non tantoModifier

  • Indications métronomiques : Allegro ma non tanto
  • Indications métriques : 3/4
  • Tomalité : Ré Majeur

Ce dernier mouvement est connu des violonistes pour sa difficulté technique redoutable et est largement considéré comme l'un des plus grands mouvements de plusieurs concertos jamais écrits pour l'instrument. C'est une danse qui s'ouvre avec son rythme caractéristique surpointé par les percussions et les basses, immédiatement repris par le soliste sur la corde de sol. Cette première partie offre un aperçu complet de toutes les possibilités techniques du violon : en quelques mesures seulement, on a des doubles cordes parallèles staccato puis une montée très rapide dans le suraigu puis des sauts d'octaves gigantesques, avant le retour d'un grand tutti d'orchestre. Le deuxième thème est presque une valse, qui lui aussi sera repris par le soliste, agrémenté d'arpèges et de doubles cordes. Enfin, une transition est effectuée afin de nous ramener au thème initial. Les clarinettes et les cuivres graves lancent la dernière partie du concerto : le violon joue des accord en double cordes de manière ironique puis une montée d'octaves brisées incroyablement héroïque conduit à l'ornement de doubles croches ascendantes du violon solo qui nous amène à l'accord final de Ré Majeur, magistralement plaqué par le violon et par l'orchestre.

Le musicologue Donald Tovey décrit le mouvement final comme une « polonaise pour ours polaires ». Cependant, il n'avait pas l'intention d'être péjoratif car il continue : « Dans les formes plus simples et plus souples des concerto créés par Mendelssohn et Schumann, je n'ai jamais rencontré quelque chose de plus original, magistral et exaltant que le concerto pour violon de Sibelius ».

Réception et critiquesModifier

Jascha Heifetz est le premier violoniste a avoir enregistré ce concerto, il a annoncé que ce concerto était l'une des meilleures pièces pour violon de tout le répertoire romantique.

Quand Sibelius a entendu Ida Haendel interpréter le concerto sur une radio finlandaise, celui-ci a déclaré qu'elle l'a « magistralement interprété en respect total. Je me félicite que mon concerto ait trouvé un interprète d'un rare niveau ».

Autres versionsModifier

  • Réduction pour violon et piano par le compositeur

Enregistrements notablesModifier

  • Jascha Heifetz, Sir Thomas Beecham, London Philharmonic Orchestra, 1959 (premier enregistrement)
  • Ida Haendel, Bournemouth Symphony Orchestra, Paavo Berglund, 1975
  • Ida Haendel, City of Birmingham Symphony Orchestra, Simon Rattle, 1993
  • Christian Ferras, Berliner Philarmoniker, Herbert von Karajan, 1964
  • David Oistrakh, Orchestre de la Radio d'URSS, Guennadi Rojdestvenski, 1965
  • Itzhak Perlman, André Previn, Pittsburgh Symphony Orchestra
  • Vadim Repin, London Symphony Orchestra, Emmanuel Krivine
  • Maxim Vengerov, Chicago Symphony Orchestra, Daniel Barenboim

Utilisations dans la cultureModifier

LiensModifier

Liens audio et videoModifier

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