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Maurice Ravel

Maurice Ravel

Le Boléro est une des œuvres les plus populaires de la musique classique, chef d'œuvre du compositeur Maurice Ravel.

ContexteModifier

Maurice Ravel à propos du Boléro : « Mon chef-d’œuvre ? Le Boléro, voyons ! Malheureusement, il est vide de musique. »

Suite à la commande d'une musique de ballet de la danseuse russe Ida Rubinstein, Ravel compose cette musique en 1928. D'influence hispanique, ce Boléro reprends les codes des danses arabo-andalouses : le boléro est une danse espagnole, légèrement plus rapide, mais également à 3 temps. Ravel lui-même explique : « C'est une danse d'un mouvement très modéré et constamment uniforme, tant par la mélodie que par l'harmonie et le rythme, ce dernier marqué sans cesse par le tambour. Le seul élément de diversité y est apporté par le crescendo orchestral. »

Le Boléro est joué et dansé pour la première fois à l’opéra Garnier de Paris le 22 novembre 1928.

Le Boléro est une des dernières œuvres écrites par Maurice Ravel avant l’atteinte neurologique qui le condamna au silence. Les seules œuvres d’envergure qu’il a composées par la suite sont le Concerto pour la main gauche (1929–1930), le Concerto en sol majeur (1929–1931) et les trois chansons de Don Quichotte à Dulcinée (1932–1933).
Année faste pour la musique, 1928 vit aussi la naissance du Quatuor à cordes no 4 de Bartók, du Quatuor à cordes no 2 de Janáček, du Concerto pour clarinette de Nielsen, de la Symphonie no 3 de Prokofiev, des Variations pour orchestre de Schönberg, du Baiser de la fée et d’Apollon musagète de Stravinski.


Le Boléro : Danse espagnole à trois temps, de mouvement vif, née vraisemblablement à la fin du XVIème siècle. Cette danse a survécu dans un certain nombre de partitions classiques, notamment le célèbre Boléro de Ravel. 
En 1927, la danseuse russe Ida Rubinstein, amie et mécène du musicien, lui commande un « ballet de caractère espagnol » qu’elle compte représenter avec les ballets russes. Enthousiasmé par cette idée, Ravel envisage d’abord, en accord avec sa collaboratrice, d’orchestrer six pièces extraites de la suite pour piano Ibéria du compositeurespagnol Ibéria Albéniz. Mais pour des raisons de droits d’auteur, il est contraint d’abandonner ce projet. C’est alors que lui vient l’idée d’une œuvre expérimentale, quelque chose de jamais encore tenté. Un ballet pour orchestre d’une durée respectable qui n’utiliserait qu’un thème et un contre-thème inlassablement répétés. Le seul élément de variation proviendrait des effets d’orchestration et d’un immense crescendo qui sous-tendrait toute l’œuvre. Le Boléro est composé de Juillet à Octobre 1928 et la dédicace va à Ida Rubinstein. D’après Ravel, c’est une danse d’un mouvement modéré et constamment uniforme, tant par la mélodie, l’harmonie, que le rythme (marqué sans cesse par la caisse claire). Cette singulière que Ravel considérait comme une simple étude d’orchestration, a bénéficié dès sa création, d’une très large diffusion, jusqu’à devenir de nos jours encore, une des œuvres musicales les plus jouées dans le monde. 
La version orchestrale est créée en 1930 par les concerts Lamoureux - l'un des plus anciens orchestres symphoniques français - sous la direction de Ravel lui-même. La diffusion de l'oeuvre prend rapidement des proportions démesurées et Ravel est le premier étonné, lui qui espérait que son oeuvre serait, au moins, « un morceau dont ne s'empareraient pas les concerts du dimanche ! » 
Cette oeuvre singulière, que Ravel disait considérer comme une simple étude d'orchestration, a bénéficié, dès sa création, d'une très large diffusion, jusqu'à devenir, de nos jours encore, une des oeuvres musicales les plus jouées dans le monde. Mais l'immense popularité du Boléro tend à masquer l'ampleur de son originalité et les véritables desseins de son auteur.
Le Boléro a été édité la première fois, en 1929, par les Editions Durand. On ne compte plus les adaptations du Boléro en jazz et en blues Angelique Kidjo. En revanche, les remixeurs de la nouvelle génération ont boudé le Boléro, probablement en raison du caractère indépassable de l'oeuvre. En 1961, à Bruxelles, Maurice Béjart a consacré au Boléro l'une de ses plus fameuses chorégraphies. 
Maurice Béjart précise en ces termes sa conception de l'œuvre de Ravel: «Musique trop connue et pourtant toujours nouvelle grâce à sa simplicité. Une mélodie - d'origine orientale et non espagnole - s'enroule inlassablement sur elle-même, va en augmentant de volume et d'intensité, dévorant l'espace sonore et engloutissant à la fin la mélodie».
Sans vouloir décrire davantage ce ballet évident par lui-même, remarquons que Maurice Béjart, dans un style très différent, rejoint l'esprit du Sacre du Printemps, en ce sens qu'à l'inverse de la plupart de ceux qui ont illustré chorégraphiquement le Boléro avant lui, il répudie toutes les facilités du pittoresque extérieur pour exprimer uniquement – mais avec quelle force! – l'essentiel.
Maurice Béjart confie le rôle central - la Mélodie - tantôt à une danseuse, tantôt à un danseur. Le Rythme est interprété par un groupe de danseurs.

InstrumentationModifier

Bois
  • 2 flûtes ; 1 piccolo ; 2ème flûte jouant 2ème piccolo
  • 2 hautbois ; 2ème jouant hautbois d'amour ; 1 cor anglais
  • 2 clarinettes en si♭ ; petite clarinette en si♭ ; clarinette basse en si♭
  • 3 saxophones (sopranino en fa, soprano en si♭ et ténor en si♭)
  • 2 bassons ; 1 contrebasson
Cuivres
  • 4 cors en fa
  • 3 trompettes en ut ; 1 petite trompette en ré (ou trompette piccolo en la)
  • 3 trombones
  • 1 tuba
Percussions
  • timbales
  • 2 caisses claires, cymbales, tam-tam
Claviers
  • célesta
Cordes
  • 1ers et 2nds violons
  • altos
  • violoncelles
  • contrebasses
  • harpe

StructureModifier

  • Indications métronomiques : Tempo di Bolero. Moderato assai
  • Indications métriques : 3/4
  • Tonalité : Do Majeur
Bolero Ostinato

Ostinato rythmique de la caisse claire

La structure du morceau est à la fois simple et complexe, linéaire et cyclique. La clef de voûte du morceau est sa ritournelle (r), fondée sur l'ostinato ci-contre, joué à un tempo absolument constant du début à la fin, quitte à en devenir lassant.

Ces triolets de doubles sont un rappel aux castagnettes espagnoles qui accompagnent la danse du Boléro. Cependant, face à la dynamique d'un grand orchestre symphonique, Ravel préfère remplacer les castagnettes par la caisse claire avec le timbre. Pour plus de variété, différents pupitres vont s'associer à la caisse à chaque fois que revient la ritournelle ! Ces deux mesures rythmiques vont être répétées 169 fois par la caisse soit 4 056 battements.

En plus de cette ritournelle caractéristique, l'œuvre s'articule autour de 2 thèmes de même longueur dénommés A et B ainsi que d'un gigantesque crescendo orchestral qui va de pianissimo (pp) au début jusqu'à fortissimo (ff) à la fin de l'œuvre. Plutôt que de répéter 18 fois un même thème, Ravel écrit les 2 thèmes 9 fois chacun qui s'intercalent entre la ritournelle de la façon suivante : rArA rBrB rArA ... (voir tableau ci-dessous).

Le thème A en do majeur comporte seize mesures, commençant sur la tonique aiguë, la mélodie très conjointe se découpe en deux éléments descendants en arabesques, l'un vers la dominante et la suivante vers la tonique grave.

Le contre-thème B dérivé du premier, plus pathétique et teinté de mineur, également de seize mesures, est constitué de mouvements progressifs et conjoints, suggérant des modes exotiques (gamme andalouse). La mélodie suit une lente descente très altérée sur plus de deux octaves. Cet thème est connu pour être l'un des traits d'orchestre du saxophone ainsi que du trombone.

  Guide d'écoute (tiré de Wikipédia)
Thème Instrumentation
pp r Altos & violoncelles pizzicato, 1ère caisse claire (répété une fois)
pp A 1ère flûte
pp r 2ème flûte
p A 1ère clarinette
p r Harpe (sons harmoniques), 1ère flûte
p B 1er basson
mp r Harpe (sons naturels), 2ème flûte
p B Petite clarinette mi bémol
p r 2nds violons pizzicato & contrebasse, alternance des bassons mp
mp A Hautbois d'amour
p r 1ers violons pizzicato, 1er cor
mp A 1ère trompette avec sourdine, 1ère flûte à l'octave (jeu d'octave) pp
mp r Flûtes, 2ème trompette, 2nds violons pizzicato
mp B Saxophone ténor expressivo, vibrato
mp r 1ère trompette, hautbois, cor anglais, 1ers violons pizzicato
mp B Saxophone sopranino, fin au saxophone soprano expressivo, vibrato
mf r 1ère flûte, clarinette basse, bassons, 2nd cor, harpe
mf A 1er piccolo (mi majeur), 2ème piccolo (sol majeur), 1er cor et célesta (do majeur)
mf r 3 trompettes, 4ème cor et arpèges des cordes
mf A 2 hautbois, cor anglais et 2 clarinettes (do majeur), hautbois d'amour (sol majeur)
mf r 1ère flûte, contrebasson, clarinettes, 2nd cor
mf B 1er trombone (dans le suraigu) sostenuto
f r 1ème trompette, 4ème cor, tutti de cordes
f B Bois (jeux de tierces et quintes)
f r Bassons, contrebasson, cors et timbales
f A Piccolo, flûtes, hautbois, clarinettes, 1ers violons (jeux d'octaves)
f r
f A Bois, 1ers & 2nds violons (jeux de tierces et quintes)
f r
f B Bois, 1ers & 2nds violons, 1ère trompette (jeux d'octaves)
f r
f B Bois, 1ers & 2nds violons, 1er trombone (jeux de tierces et quintes)
ff r Bois aigus, cors, cordes, + 2ème caisse claire, tout l'orchestre
ff A Piccolo, flûtes, saxophones, petite trompette, 3 trompettes, 1ers violons
ff r
ff B Piccolo, flûtes, saxophones, 4 trompettes, 1er trombone, 1ers violons
ff Modulation en mi majeur sur 8 mesures puis retour dans le ton principal
ff r Grosse caisse, cymbales, tam-tam, glissandos de trombones (répété une fois)
ff Grand accord dissonant et écroulement final


De nombreuses nouveautés dans l'orchestration ont lieu de par ce Boléro : l'introduction de la caisse claire dans l'orchestre classique, la présence du hautbois d'amour ou du célesta, ainsi que le solo de trombone très difficile dans le suraigu.

Réception et critiquesModifier

à compléter...

Utilisation dans la cultureModifier

  • Le Boléro a été une source d'inspiration très importante dans la culture audiovisuelle : de nombreux films, séries télévisées ou publicités ont repris ce thème. En voici une liste non exhaustive :
    • One in a Million de Sidney Lanfield (1936)
    • Les Uns et les Autres de Claude Lelouch (1981) (agrémenté par Francis Lai)
    • Le Batteur du Boléro, court-métrage de Patrice Leconte avec Jacques Villeret dans le rôle du batteur (1992)
    • Femme fatale de Brian De Palma (2002)
    • Neuilly sa mère ! de Gabriel Julien-Laferrière (2008)
  • De nombreuses chansons ont aussi fait usage de ce Boléro, tant par la réinterprétation que par l'utilisation de ses thématiques musicales :
    • Et Maintenant de Gilbert Bécaud
    • Lonlon d'Angélique Kidjo (le Boléro en langue mina du Bénin)
    • Boléro de François Reyes, membre des Gipsy Kings en solo
    • Beck's Bolero de Jeff Beck et Jimmy Page
    • Abaddon's Bolero d'Emerson, Lake and Palmer
    • Bolero de Jorge Pardo (dans un style flamenco à la flûte)
    • Ravel's Bolero de Frank Zappa
    • Bolero de Pink Martini
    • Bolero de Stanley Jordan
    • Je vois ça d'ici de Dave
    • ReComposed de Carl Craig & Moritz von Oswald
  • Le groupe français de chanson française Les Blérots de R.A.V.E.L. se sont grandement inspirés du titre de l'œuvre pour leur nom (RAVEL signifiant Renouveau Artistique Volontairement Élaboré par des Losers).

Autres versionsModifier

  • Réduction pour 2 pianos de la main du compositeur
  • Réduction pour piano 4 mains de la main du compositeur
  • Version modifiée pour 2 pianos et percussions basques par les sœurs Labèque
  • Plusieurs adaptations en chansons (voir Utilisation dans la culture)

Enregistrements notablesModifier

  • Les Concerts Lamoureux, Maurice Ravel, 1930
  • Boston Symphony Orchestra, Charles Munch, 1956
  • London Symphony Orchestra, Pierre Monteux, 1964
  • Boston Symphony Orchestra, Seiji Ozawa, 1974
  • London Symphony Orchestra, Claudio Abbado, 1985
  • Berliner Philharmoniker, Pierre Boulez, 1993
  • Münchner Philharmoniker, Sergiu Celibidache, 1996

LiensModifier

Liens audio et videoModifier

Liens externesModifier

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